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Victor Hugo - Quatre-vingt-treize
- Gauvain! s'écria-t-il.
Marat vit la pâleur de Cimourdain.
- Le vicomte Gauvain! répéta Cimourdain.
- Oui, dit Robespierre.
- Eh bien? dit Marat, l'oeil fixé sur Cimourdain.
Il y eut un temps d'arrêt. Marat reprit:
- Citoyen Cimourdain, aux conditions indiquées par vous-même, acceptez-vous la mission de commissaire délégué près le commandant Gauvain? Est-ce dit?
- C'est dit, répondit Cimourdain.
Il était de plus en plus pâle.
Robespierre prit la plume qui était près de lui, écrivit de son écriture lente et correcte quatre lignes sur la feuille de papier portant en tête: COMITE DE SALUT PUBLIC, signa, et passa la feuille et la plume à Danton ; Danton signa, et Marat, qui ne quittait pas des yeux la face livide de. Cimourdain, signa après Danton.
Robespierre, reprenant la feuille, la data et la remit à Cimourdain qui lut:
AN II DE LA REPUBLIQUE
" Pleins pouvoirs sont donnés au citoyen Cimourdain, commissaire délégué du Comité de salut public près le citoyen Gauvain, commandant la colonne expéditionnaire de l'armée des côtes.
" ROBESPIERRE. - DANTON. - MARAT. "
Et au-dessous des signatures:
" 28 juin 1793. "
Le calendrier révolutionnaire, dit calendrier civil, n'existait pas encore légalement à cette époque, et ne devait être adopté par la Convention, sur la proposition de Romme, que le 5 octobre 1793.
Pendant que Cimourdain lisait, Marat le regardait.
Marat dit à demi-voix, comme se parlant à lui-même:
- Il faudra faire préciser tout cela par un décret de la Convention ou par un arrêté spécial du Comité de salut public. Il reste quelque chose à faire.
- Citoyen Cimourdain, demanda Robespierre, où demeurez-vous?
- Cour du Commerce.
- Tiens, moi aussi, dit Danton, vous êtes mon voisin.
Robespierre reprit:
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