vit à une épaule la plaie ronde que fait une balle ; la clavicule était cassée. Il regarda ce sein livide.
- Mère et nourrice, murmura-t-il.
Il la toucha. Elle n'était pas froide.
Elle n'avait pas d'autre blessure que la clavicule cassée et la plaie à l'épaule.
Il posa la main sur le coeur et sentit un faible battement. Elle n'était pas morte.
Tellmarch se redressa debout et cria d'une voix terrible:
- Il n'y a donc personne ici?
- C'est toi, le caimand! répondit une voix, si basse qu'on l'entendait à peine.
Et en même temps une tête sortit d'un trou de ruine.
Puis une autre face apparut dans une autre masure.
C'étaient deux paysans qui s'étaient cachés ; les seuls qui survécussent.
La voix connue du caimand les avait rassurés et les avait fait sortir des recoins où ils se blottissaient.
Ils avancèrent vers Tellmarch, fort tremblants encore.
Tellmarch avait pu crier, mais ne pouvait parler ; les émotions profondes sont ainsi.
Il leur montra du doigt la femme étendue à ses pieds.
- Est-ce qu'elle est encore en vie? dit l'un des paysans.
Tellmarch fit de la tête signe que oui.
- L'autre femme est-elle vivante? demanda l'autre paysan.
Tellmarch fit signe que non.
Le paysan qui s'était montré le premier, reprit: