bibliotheq.net - littérature française
 

Victor Hugo - Quatre-vingt-treize

- Vous aurez du monde à confesser. Ceux qui voudront. On ne force personne.

- Monsieur le marquis, dit le prêtre, Gaston, à Guéménée, force les républicains à se confesser.

- C'est un perruquier, dit le marquis ; mais la mort doit être libre.

Gavard, qui était allé donner quelques consignes, revint:

- Mon général, j'attends vos commandements.

- D'abord, le rendez-vous est à la forêt de Fougères. Qu'on se disperse et qu'on y aille.

- L'ordre est donné.

- Ne m'avez-vous pas dit que les gens d'Herbe-en-Pail avaient bien reçu les bleus?

- Oui, mon général.

- Vous avez brûlé la ferme?

- Oui.

- Avez-vous brûlé le hameau?

- Non.

- Brûlez-le.

- Les bleus ont essayé de se défendre ; mais ils étaient cent cinquante et nous étions sept mille.

- Qu'est-ce que c'est que ces bleus-là?

- Des bleus de Santerre.

- Qui a commandé le roulement de tambours pendant qu'on coupait la tête au roi. Alors c'est un bataillon
de Paris?

- Un demi-bataillon.

- Comment s'appelle ce bataillon?

- Mon général, il y a sur le drapeau: Bataillon du Bonnet-Rouge.

- Des bêtes féroces.

- Que faut-il faire des blessés?

- Achevez-les.

- Que faut-il faire des prisonniers?

- Fusillez-les.

- Il y en a environ quatre-vingts.

< page précédente | 66 | page suivante >

 
La plupart des textes et des images de ce site font partie du domaine public. Les droits d'auteur pour la présentation des matériaux
et le design du site appartiennent à bibliotheq.net. Toute suggestion et correction est la bienvenue.