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Victor Hugo - Quatre-vingt-treize
- Tout va mal, reprit La Vieuville.
- Oui, La Rouarie est mort, Du Dresnay est idiot. Quels tristes meneurs que tous ces évêques, ce Coucy, l'évêque de La Rochelle, ce Beaupoil Saint-Aulaire, l'évêque de Poitiers, ce Mercy, l'évêque de Luçon, amant de madame de l'Eschasserie...
- Laquelle s'appelle Servanteau, vous savez, commandant: l'Eschasserie est un nom de terre.
- Et ce faux évêque d'Agra, qui est curé de je ne sais quoi!
- De Dol. Il s'appelle Guillot de Folleville. Il est brave, du reste, et se bat.
- Des prêtres quand il faudrait des soldats! Des évêques qui ne sont pas des évêques! des généraux qui ne sont pas des généraux!
La Vieuville interrompit Boisberthelot.
- Commandant, vous avez le Moniteur dans votre cabine?
- Oui.
- Qu'est-ce donc qu'on joue à Paris dans ce moment-ci?
- Adèle et Paulin, et la Caverne.
- Je voudrais voir ça.
- Vous le verrez. Nous serons à Paris dans un mois.
Boisberthelot réfléchit un moment et ajouta:
- Au plus tard. M. Windham l'a dit à milord Hood.
- Mais alors, commandant, tout ne va pas si mal?
- Tout irait bien, parbleu, à la condition que la guerre de Bretagne fût bien conduite.
La Vieuville hocha la tête.
- Commandant, reprit-il, débarquerons-nous l'infanterie de marine ?
- Oui, si la côte est pour nous ; non, si elle est hostile. Quelquefois il faut que la guerre enfonce les portes, quelquefois il faut qu'elle se glisse. La guerre civile doit toujours avoir dans sa poche une fausse clef. On fera le possible. Ce qui importe, c'est le chef.
Et Boisberthelot, pensif, ajouta:
- La Vieuville, que penseriez-vous du chevalier de Dieuzie?
- Du jeune?
- Oui.
- Pour commander?
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