apparaître, Gauvain le regardait avec une attention profonde.
- A-t-il des papiers sur lui? demanda Gauvain.
Le chirurgien tâta la poche de côté et en tira un portefeuille qu'il tendit à Gauvain.
Cependant le blessé, ranimé par l'eau froide, revenait à lui. Ses paupières remuaient vaguement.
Gauvain fouillait le portefeuille ; il y trouva une feuille de papier pliée en quatre, il la déplia, il lut:
" Comité de salut public. Le citoyen Cimourdain... "
Il jeta un cri:
- Cimourdain!
Ce cri fit ouvrir les yeux au blessé.
Gauvain était éperdu.
- Cimourdain! c'est vous! c'est la seconde fois que vous me sauvez la vie.
Cimourdain regardait Gauvain. Un ineffable éclair de joie illuminait sa face sanglante.
Gauvain tomba à genoux devant le blessé en criant:
- Mon maître!
- Ton père, dit Cimourdain.
V. LA GOUTTE D'EAU FROIDE
Ils ne s'étaient pas vus depuis beaucoup d'années, mais leurs coeurs ne s'étaient jamais quittés ; ils se
reconnurent comme s'ils s'étaient séparés la veille.
On avait improvisé une ambulance à l'hôtel de ville de Dol. On porta Cimourdain sur un lit dans une
petite chambre contiguë à la grande salle commune aux blessés. Le chirurgien, qui avait recousu la
balafre, mit fin aux épanchements entre ces deux hommes, et jugea qu'il fallait laisser dormir