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Victor Hugo - Les Rayons et les Ombres

- Dormez, disaient-elles.

Comment, disaient-ils,
Enchanter les belles

Sans philtres subtils?

- Aimez, disaient-elles.

XXIV

Quand tu me parles de gloire,
Je souris amèrement.

Cette voix que tu veux croire,

Moi, je sais bien qu'elle ment.

La gloire est vite abattue ;
L'envie au sanglant flambeau

N'épargne cette statue

Qu'assise au seuil d'un tombeau.

La prospérité s'envole,
Le pouvoir tombe et s'enfuit.

Un peu d'amour qui console

Vaut mieux et fait moins de bruit.

Je ne veux pas d'autres choses
Que ton sourire et ta voix,

De l'air, de l'ombre et des roses,

Et des rayons dans les bois!

Je ne veux, moi qui me voile
Dans la joie ou la douleur,

Que ton regard, mon étoile!

Que ton haleine, ô ma fleur!

Sous ta paupière vermeille
Qu'inonde un céleste jour,

Tout un univers sommeille.

Je n'y cherche que l'amour!

Ma pensée, urne profonde,
Vase à la douce liqueur,

Qui pourrait emplir le monde,

Ne veut emplir que ton coeur!

Chante! en moi l'extase coule.
Ris-moi! c'est mon seul besoin.

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