bibliotheq.net - littérature française
 

Victor Hugo - Les Rayons et les Ombres

Ses rondes dentelles d'argent.

La frissonnante libellule
Mire les globes de ses yeux

Dans l'étang splendide où pullule

Tout un monde mystérieux!

La rose semble, rajeunie,
S'accoupler au bouton vermeil ;

L'oiseau chante plein d'harmonie

Dans les rameaux pleins de soleil.

Sa voix bénit le Dieu de l'âme
Qui, toujours visible au coeur pur,

Fait l'aube, paupière de flamme,

Pour le ciel, prunelle d'azur!

Sous les bois, où tout bruit s'émousse,
Le faon craintif joue en rêvant ;

Dans les verts écrins de la mousse

Luit le scarabée, or vivant.

La lune au jour est tiède et pâle
Comme un joyeux convalescent ;

Tendre, elle ouvre ses yeux d'opale

D'où la douceur du ciel descend!

La giroflée avec l'abeille
Folâtre en baisant le vieux mur ;

Le chaud sillon gaîment s'éveille,

Remué par le germe obscur.

Tout vit, et se pose avec grâce,
Le rayon sur le seuil ouvert,

L'ombre qui fuit sur l'eau qui passe,

Le ciel bleu sur le coteau vert!

La plaine brille, heureuse et pure ;
Le bois jase ; l'herbe fleurit. -

Homme! ne crains rien! la nature

Sait le grand secret, et sourit.

XVIII. ÉCRIT SUR LA VITRE D'UNE FENÊTRE FLAMANDE

J'aime le carillon dans tes cités antiques,
Ô vieux pays gardien de tes moeurs domestiques,

< page précédente | 35 | page suivante >

 
La plupart des textes et des images de ce site font partie du domaine public. Les droits d'auteur pour la présentation des matériaux
et le design du site appartiennent à bibliotheq.net. Toute suggestion et correction est la bienvenue.