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Victor Hugo - Les Rayons et les Ombres
Votre candeur vous embellit. Je préfère à toute autre flamme Votre prunelle que remplit La clarté qui sort de votre âme.
Pour vous ni soucis ni douleurs, La famille vous idolâtre. L'été, vous courez dans les fleurs ; L'hiver, vous jouez près de l'âtre.
La poésie, esprit des cieux, Près de vous, enfant, s'est posée ; Votre mère l'a dans ses yeux, Votre père dans sa pensée.
Profitez de ce temps si doux! Vivez! - La joie est vite absente ; Et les plus sombres d'entre nous Ont eu leur aube éblouissante.
Comme on prie avant de partir, Laissez-moi vous bénir, jeune âme, - Ange qui serez un martyr! Enfant qui serez une femme!
X
Comme dans les étangs assoupis sous les bois, Dans plus d'une âme on voit deux choses à la fois, Le ciel, qui teint les eaux à peine remuées Avec tous ses rayons et toutes ses nuées, Et la vase, - fond morne, affreux, sombre et dormant, Où des reptiles noirs fourmillent vaguement.
XI. FIAT VOLUNTAS
Pauvre femme! son lait à sa tête est monté. Et, dans ses froids salons, le monde a répété, Parmi les vains propos que chaque jour emporte, Hier, qu'elle était folle, aujourd'hui, qu'elle est morte ; Et, seul au champ des morts, je foule ce gazon, Cette tombe où sa vie a suivi sa raison!
Folle! morte! pourquoi? Mon Dieu! pour peu de chose! Pour un fragile enfant dont la paupière est close, Pour un doux nouveau-né, tête aux fraîches couleurs,
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