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Victor Hugo - Les Rayons et les Ombres

XXXVIII. ÉCRIT SUR LE TOMBEAU D'UN PETIT ENFANT AU BORD DE LA MER
XXXIX. A. L.

XL. CAERULEUM MARE
XLI
XLII. OCEANO NOX

XLIII. NUITS DE JUIN
XLIV. SAGESSE

I. FONCTION DU POÈTE

I

Pourquoi t'exiler, ô poète,
Dans la foule où nous te voyons?

Que sont pour ton âme inquiète

Les partis, chaos sans rayons?

Dans leur atmosphère souillée

Meurt ta poésie effeuillée ;

Leur souffle égare ton encens.

Ton coeur, dans leurs luttes serviles,

Est comme ces gazons des villes

Rongés par les pieds des passants.

Dans les brumeuses capitales
N'entends-tu pas avec effroi,

Comme deux puissances fatales,

Se heurter le peuple et le roi?

De ces haines que tout réveille

À quoi bon emplir ton oreille,

Ô Poète, ô maître, ô semeur?

Tout entier au Dieu que tu nommes,

Ne te mêle pas à ces hommes

Qui vivent dans une rumeur!

Va résonner, âme épurée,
Dans le pacifique concert!

Va t'épanouir, fleur sacrée,

Sous les larges cieux du désert!

Ô rêveur, cherche les retraites,

Les abris, les grottes discrètes,

Et l'oubli pour trouver l'amour,

Et le silence, afin d'entendre

La voix d'en haut, sévère et tendre,

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