bibliotheq.net - littérature française
 

Victor Hugo - Les Rayons et les Ombres

Que jette le passé!

Ô palais, sois béni! soyez bénie, ô ruine!
Qu'une auguste auréole à jamais t'illumine!

Devant tes noirs créneaux, pieux, nous nous courbons,

Car le vieux roi de France a trouvé sous ton ombre

Cette hospitalité mélancolique et sombre

Qu'on reçoit et qu'on rend de Stuarts à Bourbons!

III. AU ROI LOUIS-PHILIPPE, APRÈS L'ARRÊT DE MORT PRONONCÉ LE 12 JUILLET 1839

Par votre ange envolée ainsi qu'une colombe!
Par ce royal enfant, doux et frêle roseau!

Grâce encore une fois! grâce au nom de la tombe!

Grâce au nom du berceau!

IV. REGARD JETÉ DANS UNE MANSARDE

I

L'église est vaste et haute. À ses clochers superbes
L'ogive en fleur suspend ses trèfles et ses gerbes ;

Son portail resplendit, de sa rose pourvu ;

Le soir fait fourmiller sous la voussure énorme

Anges, vierges, le ciel, l'enfer sombre et difforme,

Tout un monde effrayant comme un rêve entrevu.

Mais ce n'est pas l'église, et ses voûtes sublimes,
Ses porches, ses vitraux, ses lueurs, ses abîmes,

Sa façade et ses tours, qui fascinent mes yeux ;

Non ; c'est, tout près, dans l'ombre où l'âme aime à descendre

Cette chambre d'où sort un chant sonore et tendre,

Posée au bord d'un toit comme un oiseau joyeux.

Oui, l'édifice est beau, mais cette chambre est douce.
J'aime le chêne altier moins que le nid de mousse ;

J'aime le vent des prés plus que l'âpre ouragan ;

Mon coeur, quand il se perd vers les vagues béantes,

Préfère l'algue obscure aux falaises géantes.

Et l'heureuse hirondelle au splendide océan.

II

Frais réduit! à travers une claire feuillée
Sa fenêtre petite et comme émerveillée

< page précédente | 15 | page suivante >

 
La plupart des textes et des images de ce site font partie du domaine public. Les droits d'auteur pour la présentation des matériaux
et le design du site appartiennent à bibliotheq.net. Toute suggestion et correction est la bienvenue.