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Victor Hugo - Les Chansons des rues et des bois
En bas, parmi la rosée, Étalant l'arum, l'oeillet, La pervenche, la pensée, Le lys, lueur de juillet,
De brume à demi noyée, Au centre de la forêt, La prairie est déployée, Et frissonne, et l'on dirait
Que la terre, sous les voiles Des grands bois mouillés de pleurs, Pour recevoir les étoiles Tend son tablier de fleurs.
IV. POUR D'AUTRES
I
Mon vers, s'il faut te le redire, On veut te griser dans les bois. Les faunes ont caché ta lyre Et mis à sa place un hautbois.
Va donc. La fête est commencée ; L'oiseau mange en herbe le blé ; L'abeille est ivre de rosée ; Mai rit, dans les fleurs attablé.
Emmène tes deux camarades, L'esprit gaulois, l'esprit latin ; Ne crois pas que tu te dégrades Dans la lavande et dans le thym.
Sans être effronté, sois agile ; Entre gaiement dans le vallon ; Presse un peu le pas de Virgile, Retiens par la manche Villon.
Tu devras boire à coupe pleine, Et de ce soin Pan a chargé La Jeanneton de La Fontaine Qu'Horace appelait Lalagé.
On t'attend. La fleur est penchée Dans les antres diluviens ;
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