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Victor Hugo - Les Chansons des rues et des bois
Il appelait l'ombre au secours ; À ses appels le ciel terrible Remuait des tonnerres sourds.
Les bacchantes heurtaient leurs cistres, Les sphinx ouvraient leurs yeux profonds ; On voyait, à leurs doigts sinistres, S'allonger l'ongle des griffons.
Les constellations en flamme Frissonnaient à son cri vivant Comme dans la main d'une femme Une lampe se courbe au vent.
Chaque fois que son aile sombre Battait le vaste azur terni, Tous les groupes d'astres de l'ombre S'effarouchaient dans l'infini.
Moi, sans quitter la plate-longe, Sans le lâcher, je lui montrais Le pré charmant, couleur de songe, Où le vers rit sous l'antre frais.
Je lui montrais le champ, l'ombrage, Les gazons par juin attiédis ; Je lui montrais le pâturage Que nous appelons paradis.
- Que fais-tu là ? me dit Virgile. Et je répondis, tout couvert De l'écume du monstre agile : - Maître, je mets Pégase au vert.
LIVRE PREMIER. JEUNESSE
I. FLORÉAL
I Ordre du jour de Floréal
Victoire, amis ! je dépêche En hâte et de grand matin Une strophe toute fraîche Pour crier le bulletin.
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