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Victor Hugo - Les Chansons des rues et des bois
Je songe. L'aurore est si pure, Et les oiseaux ont tant d'esprit !
Tout chante, geai, pinson, linotte, Bouvreuil, alouette au zénith, Et la source ajoute sa note, Et le vent parle, et Dieu bénit.
J'aime toute cette musique, Ces refrains, jamais importuns, Et le bon vieux plain-chant classique Des chênes aux capuchons bruns.
Je vous mets au défi de faire Une plus charmante chanson Que l'eau vive où Jeanne et Néère Trempent leurs pieds dans le cresson.
III. POUR JEANNE SEULE
I
Je ne me mets pas en peine Du clocher ni du beffroi ; Je ne sais rien de la reine, Et je ne sais rien du roi ;
J'ignore, je le confesse, Si le seigneur est hautain, Si le curé dit la messe En grec ou bien en latin ;
S'il faut qu'on pleure ou qu'on danse, Si les nids jasent entr'eux ; Mais sais-tu ce que je pense ? C'est que je suis amoureux.
Sais-tu, Jeanne, à quoi je rêve ? C'est au mouvement d'oiseau De ton pied blanc qui se lève Quand tu passes le ruisseau.
Et sais-tu ce qui me gêne ? C'est qu'à travers l'horizon, Jeanne, une invisible chaîne
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