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Victor Hugo - La fin de Satan
Sa mère, le suivaient de loin dans le trajet.
L'oeil sinistre de Jean dans les gouffres plongeait. Le jour, blême, fuyait. L'attente était profonde.
Quatre anges se tenaient aux quatre coins du monde; Ces anges arrêtaient au vol les quatre vents, Pour qu'aucun vent ne pût souffler sur les vivants, Ni troubler le sommet des montagnes de marbre, Ni soulever un flot, ni remuer un arbre.
XXI. TENEBRES
Barabbas stupéfait est libre. Sous les plis D'un brouillard monstrueux dont les cieux sont remplis, La ville est un chaos de maisons et de rues. Des geôliers tout à l'heure, en paroles bourrues Racontant l'aventure entre eux confusément, Ont ouvert son cachot, rompu son ferrement, Puis ont dit: - Va; le peuple a fait grâce! - De sorte Qu'il ne sait rien, sinon qu'on a poussé la porte, Que le ciel est tout noir, que nul ne le poursuit, Et qu'il peut s'envoler dans l'ombre, oiseau de nuit. Ce choix qui fait mourir Jésus et le fait vivre, Tout ce récit, lui semble un vin dont il est ivre; Il erre dans la ville, il y rampe, il en sort, Comme parfois on voit marcher quelqu'un qui dort. Quelle route prend-il; La première venue. Il avance, il hésite et cherche, et continue, Et ne sait pas, devant l'obscure immensité; Il a derrière lui les murs de la cité, Mais il ne les voit pas; son front troublé s'incline; Il ne s'aperçoit point qu'il monte une colline; Monter, descendre, aller, venir, hier, aujourd'hui, Qu'importe; il rôde, ayant comme un nuage en lui; Il erre, il passe, avec de la brume éternelle Et du songe et du gouffre au fond de sa prunelle. Il se dit par moments: c'est moi qui marche. Oui. Tout est si ténébreux qu'il est comme ébloui.
Le chemin qu'au hasard il suit, rampe et s'enfonce Aux flancs d'un mont où croît à peine quelque ronce, Et Barabbas pensif, gravissant le rocher, Sans voir où vont ses pas laisse ses pieds marcher; La vague horreur du lieu plaît à cette âme louve;
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