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Victor Hugo - La fin de Satan
Se promenaient devant la porte du prétoire; Et des marchandes d'eau vendaient au peuple à boire, Et les petits enfants jouaient aux osselets.
Tout à coup apparut sur le seuil du palais Christ couronné d'épine et vêtu d'écarlate; Il avait un roseau dans la main; et Pilate, Le leur montrant, leur dit: Voilà l'homme.
Le Christ Se taisait, l'oeil au ciel.
Et Pilate reprit: - C'est aujourd'hui qu'on laisse un misérable vivre. Peuple, lequel des deux veux-tu que je délivre: Barabbas, ou Jésus nommé Christ; - Barabbas; Cria le peuple. Alors, au-dessous de leur pas, Ils crurent tous entendre on ne sait quel tonnerre Rouler... - C'était quelqu'un qui riait sous la terre.
Ainsi jugeaient les juifs sous l'oeil froid des romains.
Ponce Pilate songe et se lave les mains.
XX. LA MARCHE AU SUPPLICE
La première heure allait finir quand de la geôle Jésus sortit, portant une croix sur l'épaule; On avait délié les cordes du poignet; Ayant été battu de verges, il saignait; On le huait; la loi frappe, le peuple accable; La croix, démesurée, écrasante, implacable, Dont la cognée à peine avait taillé les noeuds, Etait faite d'un bois féroce et vénéneux, Et qui semblait avoir déjà commis des crimes.
La foule, allant, courant, mangeant les pains azymes, Chantant, montrait les poings à Christ des deux côtés De la route où marchaient ses pas ensanglantés; Des vierges, reflétant l'aube sur leur visage, L'insultaient, et battaient des mains sur son passage, Et riaient des cailloux déchirant ses talons; Et l'on voyait des tas de têtes d'enfants blonds Aux portes des maisons, pour la fête fleuries.
Quelques disciples, fronts baissés, les trois Maries,
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