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Victor Hugo - La fin de Satan
Car vous êtes venu de Galilée aussi.
Sur quoi Pierre jura d'une exécrable sorte: - Non! je n'ai jamais vu cet homme!
Sur la porte Le coq chanta.
La nuit couvrait les noirs chemins.
Pierre, se souvenant, prit son front dans ses mains Et se mit à pleurer amèrement dans l'ombre.
XV. L'AUTRE CHAISE D'IVOIRE
Les scribes, les docteurs, les prêtres en grand nombre, Entourent, précédés d'un lévite crieur, Dans la cour du prétoire un porche extérieur Qui sous son dôme abrite une chaise d'ivoire.
Cette chaise a l'aspect farouche de la gloire; Et l'on y sent le droit que donne au conquérant Le peuple qu'on massacre et la ville qu'on prend. A cette chaise monte un escalier de bronze.
Ils sont tous là, les Cent, les Dix-Neuf et les Onze.
Derrière eux, et tombant parfois sur le genou, Vient Jésus qu'un soldat traîne par un licou Comme un muletier tire une bête de somme.
L'avertisseur public, un avocat de Rome, Le vieux Némurion Plancus, grammairien De la loi, que plus tard fit changer Adrien, Parle et dit ce qu'il faut qu'on évite ou qu'on suive:
Un homme est arrêté par les juifs; la loi juive Le condamne; les juifs peuvent le lapider; C'est leur droit; cela dit, qu'ont-ils à demander? La lapidation leur paraît trop rapide; Ils veulent qu'on le cloue et non qu'on le lapide; Ils viennent supplier qu'on mène l'homme en croix. Or ceci touche Rome, et César, et ses droits. Doit-on crucifier l'homme? voilà l'affaire. D'où vient que pour ce juif le sanhédrin préfère A leur supplice hébreu le supplice romain?
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