|
Victor Hugo - La fin de Satan
« Cet homme doit mourir. Nos pères ont toujours « Fait creuser des tombeaux par la loi violée.
Josaphat crie: - « A mort l'homme de Galilée!
« - Observons la loi, dit Achias de Membré. « Il faut que par le prêtre au prince il soit livré, « Et qu'Hérode l'envoie à Pilate. A quoi servent « Des lois que ni le roi ni le juge n'observent?
Joseph de Ramatha dit: « L'homme est innocent. »
« - L'exil, dit Potiphar.
- Non, dit Samech, du sang! »
Et Nicodemus dit: - « Il faut d'abord qu'on prouve.
« - D'abord, répond Teras, qu'on le tue! et qu'on trouve, « Demain, puisque cet homme a dit: nous sommes trois; « Deux voleurs pour l'aller compléter sur la croix;
« - Qu'il meure, dit Riphar, dans les formes prescrites. »
Gamaliel se lève. Il est le chef des rites; Et ce maître inflexible a vu le premier vol Du jeune aigle effrayant qui plus tard fut saint Paul. Il parle, l'oeil au ciel: - « L'indulgence est un leurre. « Juste ou non, attaquant les lois, il faut qu'il meure.
« - Non, réplique Joram, j'absous! Je pense, moi, « Que les arrêts trop durs font mal vivre la loi; « Il sied qu'à l'accusé le juge compatisse; « Sur la sévérité des juges la justice « Pleure comme l'enfant sut le pain noir qu'il mord.
« - Ce langage est payen, dit Saréas. La mort.
« - Mort! dit Elieris; il prêche le ravage.
« - Mort! répète Diras; il combat l'esclavage.
Et Sabinti s'indigne au nom du sanhédrin; Il atteste le vase aux douze boeufs d'airain, Et crie: « - A mort! qu'il meure! ou l'arche est abattue! »
|