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Victor Hugo - La fin de Satan
- Tu m'abandonnes; Mais je ne perds aucun de ceux que tu me donnes, Seigneur. Ma mort suffit, et seul je la subis. Le pasteur doit périr en sauvant les brebis.
Et, désignant du doigt ses disciples, le maître Dit aux soldats:
- Le Christ est facile à connaître. Je suis celui qu'on cherche et dont on a souci. Me voilà. Prenez-moi. Laissez aller ceux-ci.
Or Simon surnommé Pierre avait une épée, Il cria: - Dieu par qui Jézabel fut frappée, Viens défendre ton Christ, ô Dieu qui châtias Hérode pour avoir fait mourir Mathias!
Et, levant son épée, il vint droit à la troupe, Et blessa le premier qui s'offrit dans le groupe, Un nommé Malchus, aide et garde du bourreau. - Remettez, dit Jésus, votre épée au fourreau. Qui frappe avec le glaive est frappé par le glaive. Il reprit: - Puisqu'on a commencé, qu'on achève. - Et se mit de lui-même au milieu des soldats. Il ne regardait rien, pour épargner Judas. Quelqu'un du temple dit: - Marchons. L'heure s'écoule. - Vous pouviez me saisir tous les jours dans la foule, Dit Jésus, en offrant aux cordes ses poignets; Quand j'allais dans le temple et lorsque j'enseignais, J'étais sous votre main. Vous n'aviez qu'à l'étendre; Et c'est par trahison que vous venez me prendre! Et vous venez la nuit comme pour un voleur! Je pourrais dire à Dieu: Père, apparaissez-leur! Et vous entendriez accourir les tempêtes, Et vous verriez, tremblants, au-dessus de vos têtes, S'ouvrir et flamboyer l'ombre, et des millions D'anges, et tout l'abîme avec tous ses lions! Et si j'ajoutais: Viens toi-même! vos prunelles Verraient soudain, parmi les foudres éternelles, Sortir de la nuée un front prodigieux! Mais il ne convient pas que j'appelle les cieux; Faites; car c'est ici votre heure, et la puissance Des ténèbres, et Dieu vous livre l'innocence; Et tout doit s'accomplir ainsi qu'il est écrit.
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