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Victor Hugo - La fin de Satan
Trois jours après ma mort je ressusciterai; Mais quand j'apparaîtrai blanc près de la fontaine, Vous me verrez ainsi qu'une forme incertaine; Madeleine croira que c'est le jardinier; Thomas commencera par douter et nier, Mais les trous de mes pieds le forceront à croire; Et quand il aura mis dans ma blessure noire Son doigt qu'il ôtera tiède et mouillé de sang, Il s'en ira songer dans l'ombre en frémissant.
Priez. Ne livrez point ma doctrine aux querelles. Est-ce que les épis sont pour les sauterelles? Quand je serai parti, vous répandrez ma loi. Beaucoup se tromperont, l'erreur naîtra de moi. L'ombre est noire toujours même tombant des cygnes.
Quand je ne serai plus vous verrez de grands signes. Les ténèbres croîtront sur le front d'Israël; On entendra parler une voix dans le ciel, Et tous regarderont l'ombre extraordinaire: Luc dira: c'est un ange; et Jean, c'est le tonnerre.
Je porterai les coeurs ainsi que des fardeaux; Des laboureurs feront des sillons sur mon dos; Ces laboureurs, c'est vous; et votre oeuvre est austère. L'homme n'a rien, ni sac plein d'or, ni coin de terre, Qu'il puisse regarder ici-bas comme sien. Allez sans hésiter dire au pharisien: « Prends garde à cette fange immonde où tu te vautres! » Soyez doux. Aimez-vous toujours les uns les autres.
En cet instant Jésus tressaillit, se parla A lui-même, et, fermant les yeux, dit: le voilà.
Judas parut suivi d'hommes armés d'épées.
IX. JUDAS
Et Judas s'approchant, blême et les mains crispées, Baisa Christ.
Et le ciel sacré fut obscurci.
- Mon ami, dit Jésus, que viens-tu faire ici?
Puis il reprit, tourné vers Dieu:
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