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Victor Hugo - La fin de Satan
Vos décombres sont pleins d'antres épouvantables. O Moïse, ils ont fait une fêlure aux tables, Ils ont brisé la loi; c'est bien, mourez. Assez! Vous serez si tremblants, peuples, et si chassés Que vous ferez sous terre une seconde ville. Comme sous le pressoir on voit déborder l'huile, Le sang en longs ruisseaux jaillit sous le talon Des princes écrasant Ruben et Zabulon; Isaachar et Lévi sont abolis. Partage Et désert, comme après la chute de Carthage. On vend un peuple ainsi qu'une bête au marché. Malheur, Jérusalem! ô maison du péché, Malheur; tu seras morte entre les cités mortes; Les rois feront sculpter un pourceau sur tes portes; Tu seras une ville infâme et sans témoin, Qu'il sera défendu de regarder de loin. La femme pleurera d'être grosse ou nourrice. Qui te verra croira qu'il voit la cicatrice Des tonnerres au front du monde châtié; Et tu seras l'endroit où finit la pitié.
Quand il eut ainsi fait des reproches aux villes, Il s'approcha des siens et dit:
- Soyez tranquilles; Ce n'est pas à présent votre jour, c'est le mien. Tout est bon si ma mort enseigne, tout est bien Si dans la vérité l'homme se désaltère. Or je m'élèverai de dessus cette terre Et j'attirerai tout à moi du haut du ciel. Christ finit le combat commencé par Michel.
Son oeil devint étrange et semblait voir des choses Au fond de son esprit confusément écloses.
- Les trois femmes en deuil dans la tombe entreront, Marchant l'une après l'autre, humbles, courbant le front A cause du lieu bas et de l'entrée étroite, Et verront un jeune homme assis dans l'angle à droite Qui leur dira, serein comme un soleil levant: « Pourquoi donc chez les morts cherchez-vous le vivant?
La vision d'un être inouï qui se lève Dans un sépulcre avec la lumière du rêve, Fera fuir les soldats pleins d'un effroi sacré.
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