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Victor Hugo - La fin de Satan
Ce ne sera pas moi, car je suis votre prêtre. Que le tombeau pour vous s'ouvre, j'y descendrai.
Jésus lui répondit, calme, tandis qu'André, Jude et Thomas tournaient vers lui leurs têtes grises:
- Vous m'aurez renié, vous Pierre, à trois reprises Que le coq n'aura pas encor chanté trois fois.
VIII. CHRIST VOIT CE QUI ARRIVERA
Il alla de nouveau prier au fond du bois.
Il songeait, et sa voix disait:
- Mon âme est triste Jusqu'à la mort; et l'homme en moi tremble et résiste; Je frémis comme Job, je crains comme Judith.
Puis il parla si bas que Dieu seul entendit.
Soudain il s'écria, pâle comme un prophète:
- Deuil, lamentation et douleur sur ta tête, O Balaath qu'emplit un peuple querelleur! Malheur, Corozaïm! Bethsaïde, malheur! Parce que vous avez dédaigné mes oracles, Parce que si j'avais fait les mêmes miracles, Crié le même appel et le même pardon Dans Ninive aux cent tours, dans Tyr et dans Sidon, On aurait vu pleurer Ninive, et Tyr descendre De son trône, et Sidon vêtir le sac de cendre! C'est fini. Je vous vois désertes. Vous voilà Muettes comme un lac dont toute l'eau coula. Vos jardins ont l'odeur des charniers insalubres. Tout croule. Vos palais sont devenus lugubres Sous le passage obscur des châtiments divins; Ce sont des pans de mur inutiles et vains; Les mâchoires des morts ne sont pas plus terribles. Malheur! on ne voit plus le grain sortir des cribles; Plus de fille de joie assise sur son lit; On n'entend plus cracher les passants; l'herbe emplit Les sentiers que suivaient les mulets et les zèbres. Le plein midi ne fait qu'augmenter vos ténèbres; On a beau peindre en blanc le sépulcre, il est noir. Le soleil est présent à votre désespoir;
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