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Victor Hugo - La fin de Satan

« Le prit et le jeta tout vivant dans la mer
« Par l'effet surprenant d'un zèle trop amer.

« Dieu l'a puni.

Marchez dans la route tracée.
« Aimez. N'enviez pas à d'autres leur pensée;

« Il faut se contenter des lumières qu'on a;

« L'un est plus sage et l'autre est plus doux; Dieu donna

« Plus de fruit au figuier, plus d'ombre au sycomore.

« Croyez. »

Il ajouta d'autres choses encore;
Puis soudain il dit, pâle et d'un frisson saisi:

- Allons! celui qui doit me vendre est près d'ici.

VII. COMMENCEMENT DE L'ANGOISSE

Alors il s'éloigna de près d'un jet de pierre,
Et se mit à genoux, et fit une prière.

Il resta longtemps seul et comme plein d'effroi.

Il disait: - « Ecartez ce calice de moi,
« Seigneur! S'il faut mourir pourtant, que la mort vienne!

« Que votre volonté soit faite, et non la mienne. »

Le reste dans le ciel ténébreux se perdit.

Les disciples dormaient. Christ revint, et leur dit:

- Quoi donc! vous n'avez pu même veiller une heure!

Il reprit:

- C'est ainsi qu'il convient que je meure.
Cela doit être, et nul au monde n'y peut rien.

Je suis venu pour être abandonné. C'est bien.

Il faut qu'on me rejette ainsi qu'un misérable.

On distinguait au loin le temple vénérable
Bâti par Salomon sur le mont Moria.

- Pardon pour tous! dit Christ. Mais Pierre s'écria:

- Si quelqu'un vous délaisse et vous quitte, ô mon maître,

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