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Victor Hugo - La fin de Satan
Fit creuser le canal à laver les hosties; Des sources y versaient, à travers les orties, Une eau qui de la ville emplissait les viviers; Et ce lieu s'appelait le Mont des Oliviers.
On venait sur ce mont aux époques de jeûnes.
Une plantation d'oliviers alors jeunes Le couvrait en effet, jetant aux verts sentiers Une ombre qui faisait durer les églantiers. Christ y vint, murmurant tout bas: Que Dieu m'assiste! Et ce qui s'y passa ce soir-là fut si triste, Si lâche et si fatal qu'aujourd'hui ce jardin Est voisin de l'enfer comme du ciel l'Eden.
Voici ce que Jésus disait sur la montagne;
« Ce qu'on perd sur la terre au ciel on le regagne.
« Qui regarde en arrière et s'étonne de peu, « Celui-là n'est pas propre au royaume de Dieu.
« Dieu se dévoile assez pour que l'homme le voie.
« Je suis moins grand que lui, mais c'est lui qui m'envoie. « Quand je parle, c'est lui qui dit ce que je dis. « Si vous vous aimez bien, voilà le paradis.
« Soyez bons. Dieu choisit ceux que je lui désigne.
« Il est le vigneron, et moi je suis la vigne. « Il viendra, comme il fit pour Job et pour Amos, « Une serpe à la main, émonder mes rameaux, « Et, gardant les féconds, coupera les stériles.
« Enseignez tendrement le peuple dans les villes, « Souriez, n'ayez point entre vous de débats.
« Quand vous êtes parmi les tombes, parlez bas; « Car au fond du sépulcre une oreille est ouverte; « Ceux qu'on croit endormis sous la grande herbe verte, « Ecoutent, et vos voix leur parlent dans les vents, « Et sachez que c'est là la maison des vivants.
« Qui maudit doit trembler. Ne faites rien trop vite. « Esdras, voyant l'enfant d'une femme maudite,
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