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Victor Hugo - La fin de Satan
Or Jésus-Christ était sur la montagne obscure; Au lieu même où plus tard fut un temple à Mercure Bâti par Adrien, détruit par Constantin.
C'était le soir; Jésus avait dit le matin Aux disciples rangés autour de lui: « - Vous, Jacques, « Vous, Pierre, vous, Thomas, voici le jour de Pâques; « Vous irez dans la ville où des gens passeront; « Vous trouverez un homme ayant sa cruche au front; « À l'endroit où cet homme ira, quel qu'il puisse être, « Vous irez à sa suite, et vous direz: - Le Maître « Vient faire ici la Pâque. - Et pour cette raison « Le maître du logis donnera sa maison. « Il sied que Dieu toujours nous mène où bon lui semble. « Et nous célébrerons la Pâque tous ensemble.
Et cela s'était fait ainsi qu'il l'avait dit.
Ce que la Cène vit et ce qu'elle entendit Est écrit, dans le livre où pas un mot ne change, Par les quatre hommes purs près de qui l'on voit l'ange, Le lion, et le boeuf, et l'aigle, et le ciel bleu; Cette histoire par eux semble ajoutée à Dieu Comme s'ils écrivaient en marge de l'abîme; Tout leur livre ressemble au rayon d'une cime; Chaque page y frémit sous le frisson sacré; Et c'est pourquoi la terre a dit: Je le lirai! Les âmes du côté de ce livre mendient, Et vingt siècles penchés dans l'ombre l'étudient.
C'était donc le soir même où cet être divin Venait de partager le gâteau sans levain; Christ, assis, lui treizième, au centre de la table, - Et ce noir chiffre Treize est resté redoutable, - Avait rompu le pain, versé le vin, disant: « Mangez, voici ma chair; buvez, voici mon sang. » Puis il avait repris: « Allons où Dieu nous mène! » Et tous étaient allés en sortant de la Cène Au jardin qui fleurit derrière le Cédron.
Ce torrent, que jamais n'a touché l'aviron, Coulait hors de la ville au pied d'une colline. Les pâtres y montraient la cave sibylline De Lilith, femme spectre, amante du démon; C'est près de ce coteau que le prêtre Simon
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