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Victor Hugo - La fin de Satan

Au soleil de la mort David se réchauffait;
Ce serait mal aimer un frère que lui dire:

Recule! quand vers Dieu le sépulcre l'attire;

Et ce serait haïr et perdre son enfant

Que l'ôter du chemin funeste et triomphant;

Le calice est amer, mais l'exemple est utile;

Et c'est pourquoi je suis venu dans cette ville.

Ainsi parlait le fils et la mère écoutait.

V. DEUX DIFFERENTES MANIERES D'AIMER

C'est l'heure où le ramier rentre au nid et se tait.

Une femme se hâte en une rue étroite;
Elle regarde à gauche, elle regarde à droite,

Et marche. S'il faisait moins sombre au firmament,

On pourrait à ses doigts distinguer vaguement

Le cercle délicat des bagues disparues;

Son pied blanc n'est pas fait pour le pavé des rues;

Elle porte un long voile aux plis égyptiens

Plein de rayons nouveaux et de parfums anciens;

Jeune et blonde, elle est belle entre toutes les femmes;

Elle a dans l'oeil des pleurs semblables à des flammes;

C'est Madeleine, soeur de Lazare.

Elle court.
Près de son pas céleste un oiseau serait lourd.

Où va-t-elle?

Il est nuit, et personne ne passe.

Une lumière brille en une maison basse.

Une autre femme, grave, est debout sut le seuil.
Son front est gris; elle est sévère sans orgueil,

Douce comme un enfant et grande comme un sage.

Elle pleure et médite; on voit sur son visage

La résignation au sacrifice noir;

On dirait la statue en larmes du devoir;

Le coeur tremblant s'appuie en elle à l'âme forte;

C'est la mère.

Elle a l'air de garder cette porte.

Madeleine l'aborde, et presque avec des cris

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