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Victor Hugo - La fin de Satan
Les angles que la nuit et l'immensité font Apparurent. Satan, égaré, sans haleine, La prunelle éblouie et de ce rayon pleine, Battit de l'aile, ouvrit les mains, puis tressaillit Et cria: - Désespoir! le voilà qui pâlit! -
Et l'archange comprit, pareil au mât qui sombre, Qu'il était le noyé du déluge de l'ombre; Il reploya ses ailes aux ongles de granit, Et se tordit les bras, et l'astre s'éteignit.
IX Or, près des cieux, au bord du gouffre où rien ne change, Une plume échappée à l'aile de l'archange Etait restée, et pure et blanche, frissonnait. L'ange au front de qui l'aube éblouissante naît, La vit, la prit, et dit, l'oeil, sur le ciel sublime: - Seigneur, faut-il qu'elle aille, elle aussi, dans l'abîme? - Il leva la main, Lui par la vie absorbé, Et dit: - Ne jetez pas ce qui n'est pas tombé.
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Antres noirs du passé, porches de la durée Sans dates, sans rayons, sombre et démesurée, Cycles antérieurs à l'homme, chaos, cieux, Monde terrible et plein d'êtres mystérieux, O brume épouvantable où les préadamites Apparaissent, debout dans l'ombre sans limites, Qui pourrait vous sonder, gouffres, temps inconnus! Le penseur qui, pareil aux pauvres, va pieds nus Par respect pour Celui qu'on ne voit pas, le mage, Fouille la profondeur et l'origine et l'âge, Creuse et cherche au-delà des colosses, plus loin Que les faits dont le ciel d'à présent est témoin, Arrive en pâlissant aux choses soupçonnées, Et trouve, en soulevant des ténèbres d'années, Et des couches de jours, de mondes, de néants, Les siècles monstres morts sous les siècles géants. Et c'est ainsi que songe au fond des nuits le sage Dont un reflet d'abîme éclaire le visage.
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LA PREMIERE PAGE
I L'ENTREE DANS L'OMBRE
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