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Victor Hugo - La fin de Satan
De la colline de la myrrhe À la montagne de l'encens.
LE JEUNE HOMME Elle m'enflamme et je l'embrase, Et je vais l'appelant, le coeur gonflé d'extase. O nuages, elle est ce que j'aime le mieux. Comme elle est belle avec son rire d'épousée, L'oeil plein d'un ciel mystérieux, Et les pieds nus dans la rosée!
Je la parfumerai de nard. O rêve! elle mettra, dans notre couche étroite, A mon front sa main gauche, à mon coeur sa main droite. La nuit mes yeux joyeux font peur au loup hagard. Je ressemble à celui qui trouve une émeraude. Ma fierté fond sous son regard Comme la neige sous l'eau chaude.
Son cou se passe de colliers; La sagesse à la grâce en ses discours se mêle Comme le ramier vole auprès de sa femelle; Les séraphins lui font des signes familiers; Cette vierge, ô David, ô roi rempli de gloire, Ressemble à votre tour d'ivoire Où pendent mille boucliers.
Femmes, croyez-vous qu'elle sorte? Elle reste au logis et tourne son fuseau. Et je l'appelle... mais je suis aimé, qu'importe! Je bondis comme un faon des monts Nabujesso, Comme si je planais dans l'air qui me réclame, Et comme si j'avais une âme Faite avec des plumes d'oiseau.
Venez voir quelqu'un de superbe! Venez voir l'amant, fier comme un palmier dans l'herbe, Beau comme l'aloès en fleur au mois d'élul! Venez voir l'amoureux qui vaincrait les colosses! Venez voir le grand roi Saül Avec sa couronne de noces!
CHOEUR DE FEMMES Venez voir le grand roi Saül Avec sa couronne de noces!
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