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Victor Hugo - La fin de Satan

« Des vastes nuits étoilées. »

Et j'ajoute: « Je mourrais
« Pour un baiser de sa bouche;

« Vous le savez, ô forêts,

« O grand murmure farouche! »

L'eau coule, le ciel est clair.
Nos chansons, au vent semées,

Se croisent comme dans l'air

Les flèches de deux armées.

CHOEUR DE FEMMES
L'oiseau semble, aux bois d'Aser,

Une âme dans les ramées.

UN JEUNE HOMME
Elle dormait, sa tête appuyée à son bras;

Ne la réveillez pas avant qu'elle le veuille;

Par les fleurs, par le daim qui tremble sous la feuille,

Par les astres du ciel, ne la réveillez pas!

On ne la croit point femme; on lui dit: « Quoi! tu manges,
Tu bois! c'est à coup sûr quelque sainte liqueur! »

Tous les parfums ont l'air de sortir de son coeur;

Elle tient ses pieds joints comme les pieds des anges.

On dirait qu'elle a fait un vase de son corps
Pour ces baumes d'en haut qu'aucun miasme n'altère;

Elle s'occupe aussi des choses de la terre,

Car la feuille du lys est courbée en dehors.

Le bois des rossignols comme le bois des merles
L'admirent, et ses pas sont pour eux des faveurs;

Sa beauté, qui rayonne et luit, rendrait rêveurs

Les rois de l'Inde ayant des coffres pleins de perles.

Quand elle passe, avec des danses et des chants,
Le vieillard qui grondait, sourit; les plus maussades

L'admettent dans leur pré fermé de palissades;

La forme de son ombre est agréable aux champs.

Je pleure par moments, tant elle est douce et frêle!
L'autre jour, un oiseau, pas plus grand que le doigt,

S'est posé, frissonnant, sur le bord de mon toit;

J'ai dit: « Oiseau, soyez béni! priez pour elle.

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