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Victor Hugo - La fin de Satan
Laissant derrière lui Psyphax se prosterner, Le prêtre s'en alla, l'oeil plein d'une âpre flamme. Et le guèbre, tirant du tas la poutre infâme, La regardait, la hache au poing, disant tout bas:
- Il paraît qu'on veut faire honneur à Barabbas.
II. LE CANTIQUE DE BETHPHAGE
CHOEUR DE FEMMES L'ombre des bois d'Aser est toute parfumée. Quel est celui qui vient par le frais chemin vert? Est-ce le bien-aimé qu'attend la bien-aimée? Il est jeune, il est doux. Il monte du désert Comme de l'encensoir s'élève une fumée. Est-ce le bien-aimé qu'attend la bien-aimée?
UNE JEUNE FILLE J'aime. O vents, chassez l'hiver. Les plaines sont embaumées. L'oiseau semble, aux bois d'Aser; Une âme dans les ramées.
L'amante court vers l'amant Il me chante et je le chante; Oh! comme on dort mollement Sous une branche penchante!
Je m'éveille en le chantant; En me chantant il s'éveille; Et l'aube croit qu'elle entend Deux bourdonnements d'abeille.
L'un vers l'autre nous allons; Il dit: « O belle des belles, « La rose est sous tes talons, « L'astre frémit dans tes ailes! »
Je dis: « La terre a cent rois; « Les jeunes gens sont sans nombre; « Mais c'est lui que j'aime, ô bois! « Il est flamme et je suis ombre. »
Il reprend: « Viens avec moi « Nous perdre au fond des vallées « Dans l'éblouissant effroi
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