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Victor Hugo - La fin de Satan

Comme s'ils en puisaient la lueur vénérable;
Puis il reprend la vrille et l'équerre d'érable,

Et se remet à fendre un bloc informe et noir;

Puis il lit, quoiqu'on lise avec peine le soir,

De sorte que cet homme à la fois semble suivre

Son travail sous l'outil et sa loi dans le livre;

Soudain, au soupirail du toit presque détruit,

Apparaît la première étoile de la nuit;

Psyphax lève les yeux, l'aperçoit, se redresse,

Ebloui, pâle, et dit à voix basse: O déesse!

Or l'homme qui venait arrive. Il montre un sceau.

Il crache sur le livre ouvert, et dit: - Pourceau,

Je suis du temple. - Il laisse, en l'écartant, paraître

Sous son manteau dans l'ombre une robe de prêtre.

Et le payen se tait, avec ce pli du front

Que donne l'habitude horrible de l'affront;

Car il a reconnu Rosmophim, un des sages

Qui du Talmud au peuple expliquent les passages,

Docteur et juge, après Caïphe le premier.

Il tremble; le rayon rend visite au fumier.

Pourquoi?

C'est ce docteur Rosmophim qui, naguère,
A, d'après la loi sainte et le texte vulgaire,

Condamné Barabbas, et dit: Deux fois malheur!

Mort sur le meurtrier et mort sur le voleur!

Rosmophim dit: - Au nom du sanhédrin! - L'esclave
S'incline, et Rosmophim reprend d'une voix grave,

Pendant que son regard sur le guèbre tombait:

- As-tu quelque tronc d'arbre à faire un grand gibet;

Dans une sorte d'antre au fond de la masure
Gisaient de noirs poteaux de diverse mesure;

Le payen remua ces affreux blocs dormants,

Ainsi qu'un fossoyeur trouble un tas d'ossements,

Et l'on en voyait fuir des bêtes qu'on ignore;

Les poutres retombaient sur la terre sonore;

Soudain l'homme, que l'âtre aidait de sa clarté,

Poussant un dernier bloc, non sans peine écarté,

Montra du doigt au prêtre un madrier difforme,

Ayant le poids du chêne avec les noeuds de l'orme,

Lourd, vaste, et comme empreint de cinq doigts monstrueux;

On voyait au gros bout, renflement tortueux,

On ne sait quelle tache épouvantable et sombre,

Et l'on eût dit du sang élargi dans de l'ombre.

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