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Victor Hugo - La fin de Satan
« Et tous ces disputeurs de cendre et de néant « Qui font tourbillonner leurs misérables rixes « Entre les tombeaux noirs et les étoiles fixes!
« Un dogme est l'oiseleur, guettant dans la forêt, « Qui, parce qu'il a pris un passereau, croirait « Avoir tous les oiseaux du ciel bleu dans sa cage. « La salutation du jonc au marécage « N'est pas plus vaine, au fond du bois vague et jauni, « Que les saluts que fait un homme à l'infini. « Tout ce que vous nommez vérité devient fable « Devant l'inénarrable et devant l'ineffable. « Dieu! rêve! Oui finit par ressembler à Non. « La raison de celui qui prononce ce nom « S'en va, comme le sang quand on ouvre la veine. « Oh! que le verbe est nul! que la syllabe est vaine! « Comme le nombre est vite essoufflé quand il faut « Faire l'addition du bas avec le haut, « Et, de la profondeur remontant à la cime, « Compter le gouffre après avoir compté l'abîme! » ................................................. .................................................
Pendant qu'elle parlait, pleine du sphynx caché, Sur le puits ténébreux quelqu'un s'était penché; Le soleil éclairait sur le seuil de la cave Une figure douce, éblouissante et grave; Un homme était pieds nus dans l'herbe et les genêts.
- Je ne t'ai jamais vu, mais je te reconnais. Salut, Nazaréen! Dit la femme hagarde.
Et, montrant du doigt l'ombre, elle ajouta: Prends garde.
Alors entre la femme et cet homme, tandis Que l'aube réchauffait les serpents engourdis Et que les fleurs ouvraient au soleil leurs corolles, Il se fit un échange auguste de paroles Que la terre ignora, personne n'écrivant Ce dialogue sombré emporté par le vent.
LE NAZAREEN O Prophétesse, il faut pourtant sauver les hommes.
LA SIBYLLE A quoi bon?
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