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Victor Hugo - La fin de Satan

« Se déchaînent; - Satan en bas plane toujours; -
« Peste, terre qui tremble, eau sur les rochers sourds,

« Le typhon sur les flots, le semoun dans les sables... -

« O sombres battements des ailes formidables!

« Le livre d'en haut dit: - Donc pas de curieux.
« La nuit est un conseil que le ciel donne aux yeux.

« Laissez l'Etre exister. Soyez ce que vous êtes.

« Regards, soyez l'effroi; bêtes, soyez les bêtes;

« Beauté, sois le squelette; homme, sois le néant.

« Dieu fait du ténébreux le bourreau du voyant.

« Ou, s'il lui plaît, savants, penseurs, ô tourbe infime,

« De vous abandonner à votre propre abîme,

« Il laissera l'ennui pesant, le moi jaloux,

« Le vertige et la peur croître d'eux-mêmes en vous,

« Et vos socs effrayés ne creuser que des fosses,

« Et se dresser, au fond de vos recherches fausses,

« Le chaos des erreurs, des fièvres, des tourments,

« Et s'offrir le fer rouge à vos tâtonnements;

« Si bien que de sa loi, de son énigme austère,

« De son nom, de son dogme obscur, de son mystère,

« Vous ôterez vos mains fumantes en criant:

« Nous nous sommes brûlés à cet être effrayant!

« Mage, il t'engloutira sous les bouillons de l'urne;

« Il remuera sous toi l'âpre échelle nocturne;

« Il rendra trouble, avec trop de lumière, l'oeil

« De la témérité, du rêve et de l'orgueil;

« Il n'aura qu'à montrer, pour vous mettre en démence,

« Un de ses attributs dans sa splendeur immense;

« Car le plus aveuglé, c'est le plus ébloui.

« Oui, si vous labourez au même champ que lui,

« Il emplira de cendre et de mort vos semailles.

« De toute la science il crèvera les mailles.

« L'infini ne se peut prendre dans un filet.

« Il ne souffrira point qu'on sache ce qu'il est.

« Il mettra les fléaux, les forces, les tonnerres,

« L'ombre, à votre poursuite, ô noirs visionnaires!

« Et s'il regarde, horreur! tout s'évanouira.

« Et les penseurs crieront: Grâce! Il leur suffira,

« Pour sentir la pensée en leurs fronts se dissoudre,

« D'entrevoir un moment sa prunelle de foudre.-

« Le livre d'en haut dit: - Vivez sans regarder.
« Passant, ta fonction est de passer. Sonder,

« C'est blesser. Qu'êtes-vous? Qu'es-tu? Ton nom? - Terpandre.

« Toi? - Linus. - Toi? - Thalès. - Vous vous appelez Cendre!

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