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Victor Hugo - La fin de Satan
« Toutes ces questions: « - Où? quand? pourquoi? comment? « Jusqu'où? » - font le bruit sourd d'un engloutissement.
« Le livre d'en haut dit: - O penseurs, prenez garde! « Il veut qu'on le contemple et non qu'on le regarde. « Courbez-vous. L'adoré doit rester l'inconnu. « Toutes les fois qu'un homme, un esprit, est venu « L'approcher de trop près, et s'est, opiniâtre, « Mis à souffler sur lui comme on souffle sur l'âtre, « Il a frappé. Malheur aux obstinés qui vont « Faire une fouille sombre en cet être profond! « Vous qui vous appelez hier, demain, le sage, « Le savant, le chercheur, la fuite, le passage, « Larves! y songez-vous d'imposer à celui « Qui songe et qui s'appelle à jamais Aujourd'hui, « Vos auscultations, vos calculs, votre étude, « Et la vibration de votre inquiétude! « Il lui déplaît d'avoir vos chiffres hasardeux « Courant partout sur lui, fourmillement hideux. « Ta curiosité l'importune, ô vermine! « L'Incréé n'aime pas que l'homme l'examine, « Et sentir des esprits fureter dans ses coins. « Sacrilège! le plus, mesuré par le moins! « La mouche humaine allant heurter aux cieux son aile! « Et l'essaim, effleurant l'attitude éternelle! -
« Le livre d'en haut dit: - Lui! lui! pas de témoins. « Hommes, ne faites point un pas hors des besoins; « L'homme est tortue, et l'ombre est votre carapace; « Ne sortez pas du temps, du nombre et de l'espace; « Car il se vengera, l'être mystérieux, « Des voix, des bruits, des pas, des lampes et des yeux! « Il est le maître obscur des tortures aiguës, « Des haches, des brasiers, des chanvres, des ciguës. « Il choisira les forts, il prendra dans sa main « Ceux qui sont les cerveaux de tout le genre humain, « Et, fatal, les jetant au glaive froid qui tue, « Il décapitera la sagesse têtue. « Pour punir les chercheurs, il n'a qu'à les livrer « A la fureur de ceux qu'ils voudront éclairer.
« O sages, pour gravir les cieux où sont les Tables, « Vous hantez les hauts lieux, ces cimes redoutables, « Que visite l'horreur et que la bise mord; « Vous y cherchez le jour, vous y trouvez la mort; « Certains sommets fatals ont d'âpres calvities
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