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Victor Hugo - La fin de Satan
La grande épée ayant un flamboiement terrible! Mais Dieu dira: Trop tard! Donc, ô vivants, tremblez. Dieu court dans les maudits comme un feu dans les blés. Ecrasez d'épouvante et de haine l'impie. Faites lever votre âme aux vices accroupie, Et récitez, avant que l'archange soit là, Le sharrith le matin, le soir le néhila. Vengez Dieu par le glaive et vivez dans la crainte. Tout ce que je vous dis, Peuple, c'est la loi sainte, La loi d'en haut, connue aux seuls fils de Lévi.
Un homme en ce moment, de douze hommes suivi, Blond, jeune, et regardé fixement par le prêtre, L'interrompit et dit avec l'accent d'un maître:
- Toute la loi d'en haut est dans ce mot: aimer.
- Peuple, cria le prêtre, il vient de blasphémer.
VII CAIPHE EN CONTEMPLATION
Les deux guetteurs du temple ont aperçu la lune; Le mois commence.
Aux champs la terre est encor brune; Il pleut sur le mont Glon et sur le mont Sion; Mais l'hiver va finir. On fait l'ablution Du temple, dont on brosse et dérouille les chaînes, Les gonds et les verrous, pour les fêtes prochaines.
Seul près du grand autel derrière le rideau, Pendant que, se courbant sur des vases pleins d'eau, Et répandant partout le nard et l'hyacinthe, Les lévites portiers lavent la triple enceinte, S'interrompant parfois pour baiser les pavés. Le grand-prêtre se tient debout, les bras levés. On dirait un fantôme avec son blanc suaire.
L'arche est sur une estrade au fond du sanctuaire; Elohim lui laissa l'empreinte de son doigt; Un éblouissement l'environne, et l'on voit Des boîtes de parfum d'aspic sur chaque marche Du degré qui se perd sous la splendeur de l'arche.
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