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Victor Hugo - La fin de Satan

Qu'il marchait en tuant tous ceux qu'il rencontrait;
Samson ne laissait pas d'un mur pierre sur pierre;

Macchabée était plein d'une telle lumière

Que les peuples disaient: son armure est en or;

Et Lysias, Seron, Gorgias, Nicanor,

Fuyaient devant cet homme aux cris de guerre étranges,

Que suivaient, à cheval sur les vents, cinq archanges!

Ces héros ont toujours Jéhovah pour effort;

Leur fer ouvre un sillon; Peuple, ils font de la mort

Sortir la vie, et, grâce à leurs lances vermeilles,

Les gueules des lions sont des ruches d'abeilles.

Ayez autour de vous la peur, en vous l'effroi;

C'est le dogme. David fut un sublime roi;

Il se plaisait au rire, aux chants, aux grappes mûres,

Un jour il se pencha sur les choses obscures,

Et, pâle, il reconnut que le commencement

De la sagesse était un profond tremblement.

O Peuple, Sabaoth lugubrement médite

Sur la race d'Adam presque toujours maudite,

Sur le sang de Jacob presque toujours puni,

Et Dieu, c'est le sourcil froncé de l'infini.

Vivez les yeux fixés sur la terreur du gouffre!

Guerre à l'impie! Il faut qu'on punisse, ou qu'on souffre,

Frappez pour vous sauver. Songez au châtiment;

Songez à l'océan d'angoisse et de tourment;

Songez à cet enfer: l'immensité des larmes.

Les ennemis de Dieu pourront avoir des armes,

Ils pourront être fiers et puissants, ils pourront

Pousser des chars, avoir des casques sur le front;

Qu'est-ce que cela fait, si leur âme est de l'ombre?

Les festins, les palais que la splendeur encombre,

Le bonheur, les plaisirs, le triomphe effronté,

Sont des endroits d'oubli, mais non de sûreté.

Soit. Oubliez. Qu'importe au souvenir suprême?

La vengeance attend, calme, et la colère sème... -

Vous rirez, vous aurez des songes dans les yeux,

Tout à coup, au plus noir du ciel mystérieux

Que l'homme frémissant verra par échappées,

On entendra le bruit que font deux mains frappées,

L'archange porte-glaive, immense, apparaîtra;

Alors, sentant sous eux crouler Bel et Mithra,

Les méchants trembleront comme un vaisseau qui sombre,

Et tous reconnaîtront l'inutilité sombre

Des boucliers d'airain et des casques de cuir;

Ils souhaiteront d'être assez petits pour fuir

Par le bas d'une porte ou par les trous d'un crible,

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