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Victor Hugo - La fin de Satan

Redoutez-le. La mort, c'est l'ombre. Il n'est pour l'homme
Rien d'éternel après cette vie; il ne peut

Rien retenir de lui quand Dieu brise ce noeud;

Ce qu'on appelle âme est un souffle, céleste

Chez les bons, infernal chez les méchants, qui reste

Un moment au-dessus du corps dans le trépas,

Puis pâlit, puis s'éteint, car Dieu seul ne meurt pas.

Pourtant le châtiment peut saisir ce fantôme

Et le fouetter longtemps sous le ténébreux dôme,

Et lui heurter le front aux poutres de la nuit.

Rien de ce qu'on a fait n'est perdu, ni détruit;

Tout compte. Justes poids et balances exactes.

Là-haut, le doigt toujours tourné vers tous vos actes,

La prière Bathkol, la Fille de la Voix,

Se tient près d'Elohim et lui dit: Seigneur, vois.

Lisez la Pentateuque à cinq; l'Exode à quatre.

Sachez punir, sachez venger, sachez combattre;

Haïssez les mauvais! Haïssez, haïssez

Ceux qui doutent, d'audace et d'orgueil hérissés,

L'incrédule, le lâche et le pusillanime,

Ceux pour qui le saint livre ouvert est un abîme,

Ceux qui tremblent devant les célestes degrés,

Et sur le bord de Dieu s'arrêtent effarés!

S'ils sont nombreux, s'ils ont de l'or dans leurs mains viles,

S'ils sont un peuple, ayant des moissons et des villes,

Des femmes, des vieillards, des enfants nouveau-nés,

Des vierges, des aïeux, des fils, exterminez!

Moïse commença par creuser une fosse,

O juifs, pour y coucher la religion fausse;

Il y jeta des tas de peuples révoltés;

Il remplit ce tonneau d'homme et de cités,

Et l'on distingue encor dans cette ombre profonde

D'énormes ossements dont chacun fut un monde;

Num ravage Amalec, Joram dévaste Ammon;

Partout où l'on voyait la lueur du démon,

Partout où l'on prenait qualque faux dieu pour règle,

Salomon accourait avec le bruit d'un aigle,

O Peuple, et c'est du sang que la terre a sué

Derrière Anathias, Saül et Josué;

Jéhovah bénissait ces grands impitoyables;

Sobres, purs, ils menaient au combat, dans les sables,

Dans la nuit, sans jamais songer au lendemain,

Des soldats qui buvaient dans le creux de leur main;

Le Tabernacle a crû dans le sang; Dieu consacre

Par un carnage Aser, Lévi par un massacre,

Et l'antique Lévite est saint pour ce seul trait

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