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Victor Hugo - La fin de Satan
Un miroir d'or massif pend au cou des momies Pour refléter l'essaim des spectres, les lamies, Les stryges, et la face errante des démons; Au midi, les chacals, les rats, les ichneumons, Remplissent le désert; au nord, la mer murmure.
La moisson en Judée est deux fois par an mûre; Le moindre champ y donne un boisseau de maïs.
Ce qui va se passer dans ce fatal pays Fait un nuage obscur sur l'avenir, et trouble Abraham enterré dans la caverne double Dont on voit l'âpre brèche et le seuil délabré Au champ d'Ephron, voisin des chênes de Mambré.
VI LES PAROLES DU DOCTEUR DE LA LOI
Deux prêtres, dont la robe est en toile d'ortie, Veillent, l'un à l'entrée et l'autre à la sortie Du Temple que jadis Salomon fit bâtir Par Oliab avec le bois du roi de Tyr. Sévère, à quelques pas des deux prêtres qui semblent Faire taire la ville où mille bruits sourds tremblent, Un docteur de la loi parle au peuple devant Ce seuil terrible où luit l'arche du Dieu vivant. Il est seul sur sa chaise; et, qu'on entre ou qu'on sorte, Il ne s'arrête point, et continue; il porte Le taled blanc où pend le zizith à cinq noeuds; Le dogme sombre emplit son oeil vertigineux; Des croyants sont auprès du docteur; les uns lisent Dans des livres pendant qu'il parle; d'autres gisent En travers de la porte, et l'on marche dessus; Un plat brille à ses pieds où les dons sont reçus; La foule abonde autour du prêtre, et l'environne; Vieillard qu'une lueur de science couronne, Calme et grave, il déploie au-dessus de son front Ce que les siècles, l'un après l'autre, liront, Le texte saint, écrit sur le rouleau mystique; Il enseigne la foi, le rite, la pratique, Au peuple remuant les lèvres par moment; Et chaque fois qu'il lèvre un doigt au firmament, Tous, éperdus devant l'insondable prière, Ensemble et frémissants, font trois pas en arrière.
Il dit:
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