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Victor Hugo - La fin de Satan
Il disait: - « Les derniers sont les premiers. - La fin, « C'est le commencement. - Ne fais pas au prochain « Ce que tu ne veux pas qu'on te fasse à toi-même. « - On récolte le deuil quand c'est la mort qu'on sème. « - Celui qui se repent est grand deux fois. - L'enfant « Touche à Dieu. - Par le bien du mal on se défend. « - Que le puits soit profond, mais que l'eau reste claire. » Il disait: « - Regardez les choses sans colère; « Car, si l'oeil est mauvais, le corps est ténébreux. « - L'aube est pour les Gentils comme pour les Hébreux. « - Mangez le fruit des bois, buvez l'eau de la source; « - N'ayez pas de souliers, pas de sac, pas de bourse, « Entrez dans les maisons et dites: Paix à tous! « - Nul n'est exempt du pli sublime des genoux; « Donc, qui que vous soyez, priez. Courbez vos têtes. « - Dieu, présent à la nuit, n'est pas absent des bêtes. « Dieu vit dans les lions comme dans Daniel. « - Errer étant humain, faillir est véniel. « Absolvez le pécheur en condamnant la faute. « - On ajoute à l'esprit ce qu'à la chair on ôte. » Il tenait compte en tout des faits accidentels. Dans le champ du supplice il disait des mots tels Que nul n'osait toucher à la première pierre; Il haïssait la haine, il combattait la guerre; Il disait: sois mon frère! à l'esclave qu'on vend; Et, tranquille, il passait comme un pardon vivant; Il blanchissait le siècle autour de lui, de sorte Que les justes, dont l'âme encor n'était pas morte, Dans ces temps sans pitié, sans pudeur, sans amour, Voyaient en s'éveillant luire deux points du jour, L'aurore dans le ciel et sur terre cet homme. Cet être était trop pur pour être vu par Rome. Pourtant parmi les juifs, dans leur temple obscurci, Chez leur roi lâche et triste, on en prenait souci; Et Caïphe y songeait dans sa chaire d'ivoire; Et, sans savoir encor ce qu'il en devait croire, Hérode était allé jusqu'à dire: - Il paraît Qu'il existe un certain Jésus de Nazareth.
Quelques hommes, de ceux qui ne savent pas lire, De pauvres pâtres, pris d'on ne sait quel délire Et du ravissement de l'entendre parler, Le suivaient, l'aimaient tant qu'il les faisait trembler, Et le montraient au peuple en disant: - C'est le maître. L'un d'eux, vieillard, semblait près de cet homme naître; Et le plus jeune, enfant, avait l'air près de lui
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