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Victor Hugo - La fin de Satan
Ce n'était point une âme inclinée aux mystères; Caïphe n'était pas un de ces solitaires Qui, pour sonder le sens glissant et ténébreux Des prophètes luttant confusément entre eux, Gardent la nuit leur lampe à côté de leurs couches, Et songent, éperdus, sur ces livres farouches Où l'on entend le choc des glaives de l'esprit. Trop petit pour la tâche auguste qu'entreprit Celui qu'on nomme Aaron, c'est-à-dire montagne, Tortueux, il avait la fraude pour compagne; Les yeux d'Hérode était sincères près des siens; Son miel était poison; les chefs pharisiens, Banaïas, intendant d'Epher, Jean l'économe, Maccès, à qui Pilate avait donné pour nome Tout le pays d'Horeb et tout le Nephath d'or, Venaient lui parler bas dans le saint corridor; De la couleuvre froide il avait la paresse; Il était ce qui rampe et ce qui se redresse; Il était chaste avec les femmes, redoutant Le démon qu'à travers leur parole on entend, Mais ces chastetés-là font brûler les Sodomes; Comme prêtre, il était de cette espèce d'hommes Qui, si le sénat vote aux pauvres quelque argent, Disent: « non pas! l'état est lui-même indigent! » Et qui trouvent utile et juste qu'on obère Le trésor pour bâtir quelque temple à Tibère. Caïphe eût aux renards indiqué des sentiers; C'était un homme sombre, et pourtant volontiers Il riait à travers l'ombre de sa pensée; Mais on se sentait pris d'une sueur glacée Devant cette gaieté, couvercle d'un cercueil.
Rosmophim de Joppé, prêtre au profond coup d'oeil, Et docteur, l'assistait dans les choses civiles.
III CELUI QUI EST VENU
Cependant il était question dans les villes De quelqu'un d'étonnant, d'un homme radieux Que les anges suivaient de leurs millions d'yeux; Cet homme, qu'entourait la rumeur grossissante, Semblait un dieu faisant sur terre une descente; On eût dit un pasteur rassemblant ses troupeaux; Les publicains, assis au bureau des impôts, Se levaient s'il passait, quittant tout pour le suivre;
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