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Victor Hugo - La fin de Satan
Et Nemrod attendit Un moi; montant toujours; puis il cria: - Maudit, Regarde en bas et vois ce que devient la terre. - Zaïm dit: - Roi, sous qui la foudre doit se taire, La terre est un point noir et semble un grain de mil. - Et Nemrod fut joyeux. - Nous approchons, dit-il. Vois! regarde le ciel maintenant. Il doit être Plus près. - Zaïm leva la trappe et dit: - O maître, Le ciel est bleu. - Le vent triste soufflait en bas; Et les aigles montaient.
L'archer des noirs combats Attendit, sans qu'un souffle échappât à son âme, Un an, montant toujours, puis: - Chien que hait la femme, Cria-t-il! Vois! La terre a-t-elle encor décru? L'eunuque répondit: - La terre a disparu? Roi, l'on ne voit plus rien dans la profondeur sombre. Nemrod dit: - Que m'importe une terre qui sombre! Vois comment est le ciel. Approchons-nous un peu? Regarde. - Et Zaïm dit: - O roi, le ciel est bleu.
V Le vent soufflait en bas.
Tournant son cou rapide, Un aigle cria alors: - J'ai faim, homme stupide! - Et Nemrod leur donna l'eunuque à dévorer.
Les aigles montaient.
Rien ne venait murmurer Autour de la machine sa course effrénée. Nemrod, montant toujours, attendit une année, Dans l'ombre, et le géant, durant ce noir chemin, Compta les douze mois sur les doigts de sa main; Quand l'an fut révolu, le sinistre satrape Resté seul, n'ayant plus l'eunuque, ouvrit la trappe Que le soleil dora d'une lueur de feu; Et regarda le ciel, et le ciel était bleu.
VI Alors, son arc en main, tranquille l'homme énorme Sortit hors de la cage et sur la plate-forme Se dressa tout debout et cria: Me voilà.
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