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Victor Hugo - La fin de Satan

Symbole de nos sens lorsqu'allant vers la femme,
Eperdus, dans l'amour ils précipitent l'âme.

Mais l'amour n'était pas au coeur du dur chasseur.

Isis montrait ce char à Cybèle sa soeur.
Dans les temples profonds de Crète et de Tyrrhène

Les dieux olympiens à la face sereine

Ecoutaient l'affreux vol des quatre alérions.

Même aujourd'hui, l'arabe, à l'heure où nous prions,

Cherche s'il ne va pas voir encore dans l'espace

La constellation des quatre aigles qui passe;

Et, dans l'Afrique ardente où meurt le doux gazon,

Morne terre qui voit toujours à l'horizon

Nemrod, l'homme effrayant, debout, spectre de gloire,

Le pâtre, si son oeil trouve une tâche noire

Sur le sable où vivaient Sidon et Sarepta,

Devient pensif et dit: C'est l'ombre qu'il jeta.

V
Et les aigles montaient.

Leurs ailes éperdues
Faisaient, troublant au loin les calmes étendues,

Un vaste tremblement dans l'immobilité;

Autour du char vibrait l'éther illimité,

Mer que Dieu jusque-là seul avait remuée.

Comme ils allaient franchir la dernière nuée,
Les monts noirs qui gisaient sur terre, soucieux,

Virent le premier aigle escaladant les cieux

Comme s'il ne devait jamais en redescendre,

Se tourner vers l'aurore et crier: Alexandre!

Le deuxième cria du côté du midi:

Annibal! Le troisième, à l'oeil fixe et hardi,

Sur le rouge occident jeta ce cri sonore:

César! Le dernier, vaste et plus terrible encore,

Fit dans le sombre azur signe au septentrion

Ouvrit son bec de flamme et dit: Napoléon!

STROPHE CINQUIEME
LA TRAPPE D'EN BAS ET LA TRAPPE D'EN HAUT

I
L'infini se laissait pousser comme une porte;

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