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Victor Hugo - La fin de Satan
Et sous l'immense azur chanter l'immense amour!
Et les astres voyaient dans les splendeurs profondes, Pendant que, bénissant l'homme, les plaines blondes, Les grands fleuves, les bois, les monts silencieux, S'ouvrait et se dressait lentement vers les cieux, La main du lépreux, noire, affreuse, triste et frêle, La main de Jéhovah se lever derrière elle.
STROPHE TROISIEME. SELON ORPHEE ET SELON MELCHISEDECH
I Dans son désoeuvrement Nemrod, d'ombre chargé, Ravagea de nouveau le monde ravagé, Recommença, brûla deux fois les mêmes villes, Rougit la vaste mer du flamboiement des îles, Brûla Ségor, brûla Gergesus, brûla Tyr. Puis, ayant tout détruit, il se mit à bâtir. Il construisit Achad, il créa Babylone, Il bâtit Gour dans l'ombre où le vent tourbillonne, Resen dans les palmiers, Chalanné sur les monts; Lieux qu'on ne nommait pas comme nous les nommons. Il fit, pour abriter Pytiunte et Dioscure, Un mur énorme au fond de la Tauride obscure; Il habilla d'acier ses soldats triomphants; Il fit trembler des tours au dos des éléphants; Il troua le Caucase ébranlé sur son axe; Il versa dans la mer le Cyrus et l'Araxe; Mais rien n'emplit son âme; il disait: J'ai vécu. Que faire? et, chaque jour, plus las et plus vaincu, Morne, il sentait monter dans son coeur solitaire L'immense ennui d'avoir conquis toute la terre.
II L'an deux mille, Nemrod, passant les flots émus, Vint jusqu'à Dodanim que nous nommons l'Hémus. Là, dans un noir désert dont le lion est l'hôte, Il entendit quelqu'un qui parlait à voix haute. C'était Orphée. Orphée au front calme, écouté Par la sombre nature émue à sa clarté, Homme à qui se frottait le dos des bêtes fauves, Racontait aux forêts, aux vents, aux vieux monts chauves, La bataille où les dieux vainquirent les typhons. Voici ce que disait Orphée aux bois profonds:
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