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Victor Hugo - La fin de Satan
Aux baleines les mers, aux crapauds les limons, Les roseaux aux serpents secouant leurs sonnettes; Il fait tourner autour des soleils les planètes Et dans la blanche main des vierges les fuseaux; Il entre dans les nids, touche aux petits oiseaux, Et dit: La bise vient, j'épaissirai leurs plumes; Il laisse l'étincelle échapper aux enclumes, Et lui permet de fuir, joyeuse, les marteaux; Il montre son grand ciel aux lions de l'Athos; Il étale dans l'aube, ainsi que des corbeilles, Sous des flots de rayons, les printemps pleins d'abeilles Sa grandeur pour le monde en bonté se résout. Une vaste lueur ardente embrase tout, De l'archange à la brute et de l'astre à la pierre, Croise en forêt de feu ses rameaux de lumière, Va, vient, monte, descend, féconde, enflamme, emplit, Combat l'hiver liant les fleuves dans leur lit, Et lui fait lâcher prise, et rit dans toute chose, Luit mollement derrière une feuille de rose, Chauffe l'énormité sidérale des cieux, Brille, et de mon côté, prodige monstrueux, Ce flamboiement se dresse en muraille de glace; Oui, la création heureuse s'entrelace Tout entière, clartés et brume, esprits et corps, Dans le Dieu bon, avec d'ineffables accords; L'être le plus déchu retrouve l'innocence Dans sa toute tendresse et sa toute puissance; Moi seul, moi le maudit, l'incurable apostat, Je m'approche de Dieu sans autre résultat Que de faire gronder vaguement le tonnerre! Dieu veut que cet essaim d'atomes le vénère, Il leur demande à tous leur coeur, leur chant, leur bruit, Leur parfum, leur prière; à moi rien, de la nuit. O misère sans fond; Ecoutez ceci, sphères, Etoiles, firmaments, ô vieux soleils, mes frères, Vers qui monte en pleurant mon douloureux souhait, Cieux, azurs, profondeurs, splendeurs, - l'amour me hait!
L'ANGE LIBERTÉ
I
De la lumière. Et puis de la lumière encore. Chaos de firmaments dans des gouffres d'aurore.
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