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Victor Hugo - La fin de Satan
LE DELUGE. Par Lui.
LE CHAOS. Pourquoi?
LE DELUGE. Le ver s'est glissé dans le fruit. Le condamné d'en bas a soufflé dans la nuit Le mal au coeur de l'homme à travers la nature; L'homme, ouvert à l'erreur, au piège, à l'imposture, Jusqu'au crime de vice en vice descendu, Est devenu vipère, et sa bouche a mordu; Le talon du Seigneur a senti la piqûre; Et voilà ce qu'a fait, du fond de l'ombre obscure, L'être qui vit sous terre au Dieu qui vit au ciel. Ce monde était méchant et noir, l'être éternel Le laisse tomber, monstre, et tu peux le reprendre.
LE CHAOS. Pourquoi me l'a-t-il pris, si c'est pour me le rendre?
LE DELUGE. J'ai roulé sur les monts le flot sombre et tonnant. Tout est mort. J'ai fini; c'est à toi maintenant. Reçois ce monde au fond de l'abîme où nous sommes.
LE CHAOS. J'ai déjà les dragons, je ne veux pas des hommes.
V L'éclair cria: - Silence aux pieds d'Adonaï! - Et le chaos se tut dans le gouffre ébloui.
Et l'archange qui veille entre deux pilastres Du seuil mystérieux plein d'yeux qui sont les astres, Se courba sous l'azur sans oser faire un pas Et dit au Dieu vivant: Le chaos n'en veut pas. Et Dieu dit: Je consens que ce monde revive.
II LA SORTIE DE L'OMBRE
I L'eau baissa, comme un flux qui s'en va d'une rive,
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