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Victor Hugo - La fin de Satan
Qui donc a tort; qui donc a raison; que penser; Dieu semble chaque jour plus avant s'enfoncer Dans la profondeur sourde et fatale du vide; Le Zend est ténébreux; le Talmud est livide; Nul ne sait ce qu'un temple, et le dieu qu'on y sent, Aime mieux voir fumer, de l'encens, ou du sang; Toute église a le meurtre infiltré dans ses dalles; Les chaires font en bas d'inutiles scandales, Les foudres font en haut d'inutiles éclairs; Ce qu'on doit faire avec ce qu'on doit croire, hélas! Presque toujours conteste et rarement s'accorde. L'abîme profond s'ouvre; un dogme est une corde Qui pend dans l'ombre énorme et se perd dans le puits.
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Ainsi mourut Jésus; et les peuples depuis, Atterrés, ont senti que l'inconnu lui-même Leur était apparu dans cet Homme Suprême, Et que son évangile était pareil au ciel. Le Golgotha, funeste et pestilentiel, Leur semble la tumeur difforme de l'abîme; Fauve, il se dresse au fond mystérieux du crime; Et le plus blême éclair du gouffre est sur ce lieu Où la religion, sinistre, tua Dieu.
HORS DE LA TERRE III. SATAN DANS LA NUIT
I Je l'aime! - Nuit, cachot sépulcral, mort vivante, Ombre que mon sanglot ténébreux épouvante, Solitudes du mal où fuit le grand puni, Glaciers démesurés de l'hiver infini, O flots du noir chaos qui m'avez vu proscrire, Désespoir dont j'entends le sombre éclat de rire, Vide où s'évanouit l'être, le temps, le lieu, Gouffres profonds, enfers, abîmes; j'aime Dieu. Je l'aime. C'est fini. - Lumière; fiancée De tout esprit; soleil! feu de toute pensée; Vie! où donc êtes-vous; Je vous cherche. O tourment! La création vit dans l'éblouissement; O regard éclatant de l'aube idolâtrée, Rayon dont la nature est toute pénétrée! Les fleuves sont joyeux dans l'herbe; l'horizon Resplendit; le vent court; des fleurs plein le gazon,
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