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Victor Hugo - L'homme qui rit
Le roi d'armes reçut des mains de Manteau-Bleu le coussin de drap d'argent, se mit à genoux, et présenta le portefeuille noir sur le coussin au lord-chancelier.
Le lord-chancelier prit le portefeuille et le tendit au clerc du parlement. Le clerc vint le recevoir avec cérémonie, puis alla se rasseoir.
Le clerc du parlement ouvrit le portefeuille, et se leva.
Le portefeuille contenait les deux messages usités, la patente royale adressée à la chambre des lords, et la sommation de siéger[1] adressée au nouveau pair.
[1] Writ of summons.
Le clerc, debout, lut tout haut les deux messages avec une lenteur respectueuse.
La sommation de siéger intimée à lord Fermain Clancharlie se terminait par les formules accoutumées: «...Nous vous enjoignons étroitement[2], sous la foi et l'allégeance que vous nous devez, de venir prendre en personne votre place parmi les prélats et les pairs siégeant en notre parlement à Westminster, afin de donner votre avis, en tout honneur et conscience, sur les affaires du royaume et de l'église.
[2] Strictly enjoin you.
La lecture des messages terminée, le lord-chancelier éleva la voix.
- Acte est donné à la couronne. Lord Fermain Clancharlie, votre seigneurie renonce à la transsubstantiation, à l'adoration des saints et à la messe?
Gwynplaine s'inclina.
- Acte est donné, dit le lord-chancelier.
Et le clerc du parlement repartit:
- Sa seigneurie a pris le test.
Le lord-chancelier ajouta:
- Milord Fermain Clancharlie, vous pouvez siéger.
- Ainsi soit, dirent les deux parrains,
Le roi d'armes se releva, prit l'épée sur la crédence et en boucla le ceinturon autour de la taille de Gwynplaine.
«Ce faict, disent les vieilles chartes normandes, le pair prend son espée et monte aux hauts siéges et assiste à l'audience.
Gwynplaine entendit derrière lui quelqu'un qui lui disait:
- Je revêts votre seigneurie de la robe de parlement.
Et en même temps l'officier qui lui parlait et qui portait cette robe la lui passa et lui noua au cou le ruban noir du rochet d'hermine.
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