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Victor Hugo - L'homme qui rit
entre nous. Qui donc a creusé cela? moi ici, toi là! Oh! cela n'est pas. Cela ne sera pas. Qu'est-ce donc qu'on m'a fait?
Il s'arrêta.
- Qui donc m'a parlé de la reine? est-ce que je connais cela? Changé! moi changé! pourquoi? parce que je suis lord. Sais-tu ce qui se passe, Dea? tu es lady. C'est étonnant les choses qui arrivent. Ah ça! il s'agit de retrouver mon chemin. Est-ce qu'on m'aurait perdu? Il y a un homme qui m'a parlé avec un air obscur. Je me rappelle les paroles qu'il m'a adressées: - Milord, une porte qui s'ouvre ferme une autre porte. Ce qui est derrière vous n'est plus. - Autrement dit: Vous êtes un lâche! Cet homme-là, le misérable! il me disait cela pendant que je n'étais pas encore réveillé. Il abusait de mon premier moment étonné. J'étais comme une proie qu'il avait. Où est-il, que je l'insulte! Il me parlait avec le sombre sourire du rêve. Ah! voici que je redeviens moi! C'est bon. On se trompe si l'on croit qu'on fera de lord Clancharlie ce qu'on voudra! Pair d'Angleterre, oui, avec une pairesse, qui est Dea. Des conditions! est-ce que j'en accepte? La reine? que m'importe la reine! je ne l'ai jamais vue. Je ne suis pas lord pour être esclave. J'entre libre dans la puissance. Est-ce qu'on se figure m'avoir déchaîné pour rien? On m'a démuselé, voilà tout. Dea! Ursus! nous sommes ensemble. Ce que vous étiez, je l'étais. Ce que je suis, vous l'êtes. Venez! Non. J'y vais! Tout de suite. Tout de suite! J'ai déjà trop attendu. Que doivent-ils penser de ne pas me voir revenir? Cet argent! quand je pense que je leur ai envoyé de l'argent! C'était moi qu'il fallait. Je me rappelle, cet homme, il m'a dit que je ne pouvais pas sortir d'ici. Nous allons voir. Allons, une voiture! une voiture! qu'on attelle. Je veux aller les chercher. Où sont les valets? Il doit y avoir des valets, puisqu'il y a un seigneur. Je suis le maître ici. C'est ma maison. Et j'en tordrai les verrous, et j'en briserai les serrures, et j'en enfoncerai les portes à coups de pied. Quelqu'un qui me barre le passage, je lui passe mon épée au travers du corps, car j'ai une épée maintenant. Je voudrais bien voir qu'on me résistât. J'ai une femme, qui est Dea. J'ai un père, qui est Ursus. Ma maison est un palais et je le donne à Ursus. Mon nom est un diadème et je le donne à Dea. Vite! Tout de suite! Dea, me voici! Ah! j'aurai vite enjambé l'intervalle, va!
Et, levant la première portière venue, il sortit de la chambre impétueusement.
Il se trouva dans un corridor.
Il alla devant lui.
Un deuxième corridor se présenta.
Toutes les portes étaient ouvertes.
Il se mit à marcher au hasard, de chambre en chambre, de couloir en couloir, cherchant la sortie.
II. RESSEMBLANCE D'UN PALAIS AVEC UN BOIS
Dans les palais à l'italienne, Corleone-lodge était de cette sorte, il y avait très peu de portes. Tout était rideau, portière, tapisserie.
Pas de palais à cette époque qui n'eût, à l'intérieur, un singulier fouillis de chambres et de corridors où abondait le faste; dorures, marbres, boiseries ciselées, soies d'orient; avec des recoins pleins de précaution et d'obscurité, d'autres pleins de lumière. C'étaient des galetas riches et gais, des réduits vernis, luisants, revêtus de faïences de Hollande ou d'azulejos de Portugal, des embrasures de hautes fenêtres coupées en soupentes, et des cabinets tout en vitres, jolies lanternes logeables. Les épaisseurs de mur, évidées, étaient habitables. Ça et là, des bonbonnières, qui étaient des garde-robes. Cela s'appelait
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