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Victor Hugo - L'Année terrible
Et de ces deux pouvoirs étrangement rivaux Par qui le marteau frappe et l'obus tourbillonne, L'un prend l'Arc de Triomphe et l'autre la Colonne!
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Mais c'est la France! Quoi, Français, nous renversons Ce qui reste debout sur les noirs horizons! La grande France est là! Qu'importe Bonaparte! Est-ce qu'on voit un roi quand on regarde Sparte ? Otez Napoléon, le peuple reparaît. Abattez l'arbre, mais respectez la forêt. Tous ces grands combattants, tournant sur ces spirales, Peuplant les champs, les tours, les barques amirales, Franchissant murs et ponts, fossés, fleuves, marais, C'est la France montant à l'assaut du progrès. Justice! ôtez de là César, mettez-y Rome. Qu'on voie cette cime un peuple et non un homme; Condensez en statue au sommet du pilier Cette foule en qui vit ce Paris chevalier, Vengeur des droits, vainqueur du mensonge féroce! Que le fourmillement aboutisse au colosse! Faites cette statue en un si pur métal Qu'on n'y sente plus rien d'obscur ni de fatal; Incarnez-y la foule, incarnez-y l'élite; Et que ce géant Peuple, et que ce grand stylite Du lointain idéal éclaire le chemin, Et qu'il ait au front l'astre et l'épée à la main!
Respect à nos soldats, rien n'égalait leurs tailles; La Révolution gronde en leurs cent batailles; La Marseillaise, effroi du vieux monde obscurci, S'est faite pierre là, s'est faite bronze ici; De ces deux monuments sort un cri: Délivrance!
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Quoi! de nos propres mains nous achevons la France! Quoi! c'est nous qui faisons cela! nous nous jetons Sur ce double trophée envié des Teutons, Torche et massue aux poings, tous à la fois, en foule! C'est sous nos propres coups que notre gloire croule! Nous la brisons, d'en haut, d'en bas, de près, de loin, Toujours, partout, avec la Prusse pour témoin! Ils sont là, ceux à qui fut livrée et vendue Ton invincible épée, ô patrie éperdue!
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