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Victor Hugo - L'Année terrible
Sa conscience est fixe et rien n'y bougera. Car, quel que soit le vent qui souffle sur leur flamme, Les principes profonds ne tremblent pas dans l'âme; Car c'est dans l'infini que leur feu calme luit; Car l'ouragan sinistre acharné sur la nuit Peut secouer là-haut l'ombre et ses sombres toiles, Sans faire dans leurs plis remuer les étoiles.
AVRIL
I
LES PRECURSEURS
Sur l'être et sur la créature, Dans tous les temps l'homme incliné A toujours dit à la nature: O gouffre! Pourquoi suis-je né ? Parfois croyants, parfois athées, Nous ajoutons aux Prométhées Les Euclides et les Keplers; Nos doutes, nuages funèbres, Montent au ciel pleins de ténèbres, Et redescendent pleins d'éclairs.
O fronts où flambent les idées! Au bord du gouffre, au fond des cieux, Que de figures accoudées! Que de regards mystérieux! O les prunelles étoilées Des Miltons et des Galilées! Sombres Dantes au front bruni, Vos talons sont dignes des astres! Vos esprits, ô noirs Zoroastres, Sont les chevaux de l'infini.
Oser monter, oser descendre, Tout est là. Chercher, oser voir! Car Jason s'appelle entreprendre Et Gama s'appelle vouloir. Quand le chercheur hésite encore, L'oeil sur la nuit, l'oeil sur l'aurore, Reculant devant le secret Tremblant devant l'hiéroglyphe,
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