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Victor Hugo - L'Année terrible
Lui qui fut ce qu'on admirait.
Noir lendemain! l'effroi pour règle; Toute lie est bue à son tour; Et le vautour vient après l'aigle, Et l'orfraie après le vautour;
Deux provinces écartelées; Strasbourg en croix, Metz au cachot; Sedan, déserteur des mêlées, Marquant la France d'un fer chaud;
Partout, dans toute âme captive, Le goût abject d'un vil bonheur Remplace l'orgueil; on cultive La croissance du déshonneur;
Notre antique splendeur flétrie; L'opprobre sur nos grands combats; L'étonnement de la patrie Point accoutumée aux fronts bas;
L'ennemi dans nos citadelles, Sur nos tours l'ombre d'Attila, De sorte que les hirondelles Disent: la France n'est plus là!
La bouche pleine de Bazaine, La Renommée au vol brisé Salit de sa bave malsaine Son vieux clairon vertdegrisé;
Si l'on se bat, c'est contre un frère; On ne sait plus ton nom, Bayard! On est un assassin pour faire Oublier qu'on fut un fuyard;
Une âpre nuit sur les fronts monte; Nulle âme n'ose s'envoler; Le ciel constate notre honte Par le refus de s'étoiler;
Froid sombre! on voit, à plis funèbres, Entre les peuples se fermer Une profondeur de ténèbres Telle qu'on ne peut plus s'aimer;
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